Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /Juin /2008 12:22
Lorsque le chercheur d’or noir Daniel Plainview (Daniel Day-Lewis) entend parler de Little Boston, dont le sous-sol d’après la rumeur regorge de pétrole, il décide d'aller y tenter sa chance et part avec son fils H.W. Little Boston est une petite communauté californienne, un endroit perdu où chacun lutte pour sa survie et où l'unique distraction est l'église animée par le jeune et charismatique prêtre Eli Sunday. Entre les deux hommes, le conflit est immédiat... Apre, brûlant, intense, sanglant; ce sont les mots qui qualifient le mieux le dernier film de Paul Thomas Anderson (le réalisateur de Boogie Nights et de Magnolia). Sans hésiter, un des grands films US de ces dernières années. De la composition hallucinée de Daniel Day-Lewis à la musique entêtante de Jonny Sterwood (leader du groupe Radiohead), des paysages âpres et brûlants – on y revient – de l’Ouest américain à la mise en scène élégante d’Anderson, le spectacle est brillant, l’émotion puissante. Il y a du Barry Lyndon dans ce portrait de chercheur d’or noir, ambitieux et misanthrope. En digne héritier de Kubrick, Anderson s’affranchit des modes et ose des plans-séquences qu’on ne croyait plus possibles en ces temps de cinéma hollywoodien survolté et inconsistant, gangrené par l’esthétisme du jeu vidéo et les effets criards façon MTV. Les presque trois heures du film passent pourtant si vite, rythmées par les face-à-faces mémorables entre le pétrolier et le jeune évangéliste. Car les deux hommes sont des vampires des temps modernes et n’entendent pas partager leur territoire et leurs fidèles. C’est sûr, entre eux, ça va saigner…
Par Glopf - Publié dans : A voir sans hésiter
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