Partager l'article ! CEUX QUI RESTENT: Bertrand et Lorraine sont ceux qui restent... Ils sont ceux qui arpentent les couloirs en se posant des questions interdites, s ...
B y G l o p f
Bertrand et Lorraine sont ceux qui restent... Ils sont ceux qui arpentent les couloirs en se posant des questions interdites, se font repérer au kiosque à journaux, parlent trop fort
à la cafétéria, et vont fumer en cachette sur le toit de cet hôpital où leurs conjoints se font soigner… J’imagine que les 14 fidèles lecteurs de ce blog (!) ont déjà dû remarquer mon désamour
croissant pour un cinéma français grincheux et rouillé, comme perclus de rhumatismes créatifs : mise en images indigne, comédiens en roues libres ou vieilles recettes scénaristiques d’artisans
fatigués… Quand ce n’est pas tout ça à la fois ! Heureusement, certaines oeuvres échappent à cette ambiance déprimante et font un pied de nez à la grisaille. Ceux Qui Restent en fait partie. Bien que le sujet ne soit pas d’une folle gaieté – une rencontre dans un service de
cancérologie – la narration fait preuve d’une sobriété travaillée et élégante. Pour son premier film, la comédienne Anne Le Ny réussit le tour de force – un peu comme Almodovar dans Parle Avec Elle – de raconter un drame sans verser dans un mélo appuyé et déplacé. On rit, on pleure aussi, on vit avec ces deux
personnages, génialement interprétés par Emmanuelle Devos et Vincent Lindon. Faisant face à la maladie de leur conjoint, ces deux-là ne seront plus jamais les mêmes. Vous non plus après la vision
de ce film, drôle et grave à la fois.