Dimanche 25 décembre 2011
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Sam Flynn, 27 ans, est le geek de fils de Kevin Flynn (un nom qui parlent aux rares qui ont vu le Tron de 82). Sam Flynn donc, hypra cool genre 'je fais du base juming au p'tit matin depuis mon siège social' mais expert en
nouvelles technologies et le coeur sur la main aussi. Cherchant à percer le mystère de la disparition de son père, il se retrouve aspiré dans ce même monde de programmes redoutables où vit
son père depuis 25 ans... Pour faire bref: simpliste et ennuyeux - la preuve une fois de plus que les plus spectaculaires et les plus coûteux effets visuels (200 millions de
dollars de budget tout de même!) ne remplaceront jamais une solide histoire et des personnages attachants. Car, reconnaissons-le vite fait, à part deux trois scènes
d'action et un univers visuellement recherché, le film déçoit - endort? - par la pauvreté de son écriture et sa distribution fadasse. Même la musique électronique des Daft
Punk ne séduit pas et prolonge les effets de ce cyber-somnifère... Ne perdez pas de temps avec cet ersatz de film d'anticipation, allez voir ailleurs!
Mardi 18 mars 2008
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En 1902, John McCabe arrive à Presbyterian Church, une petite ville de l'Ouest américain, pour ouvrir un bordel. Mme Constance Miller, une
prostituée, lui propose son aide et son expérience en échange d'une partie des bénéfices. Mc Cabe accepte, mais le succès de l'établissement fait des jaloux... Un western réalisé par Robert Altman, c’est tout de suite prometteur. D’ailleurs, le film démarre bien – l’action prend place dans une
ville-champignon, perdue au milieu des forêts, où règne une ambiance crasseuse et malsaine à souhait - mais assez vite on s’étire la mâchoire. Altman a du mal à dessiner des personnages
attachants. Pour compenser, il use et abuse du mixage sonore – les dialogues se perdent souvent dans un brouhaha qui agace. A moins qu’Altman ne tente de contraindre au silence un Warren Beatty
cabot comme pas deux! J’ai lu que, lors du tournage, la Warner n’avait pas laissé les coudées franches au réalisateur qui pour le coup produit un film bien en deçà de son talent. Déçu, j’ai
décroché. Une fois de plus.
Samedi 1 mars 2008
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La fragile
Federica est si riche que cela l'empêche d'assumer son quotidien: les attentes de son fiancé qui voudrait fonder une famille, le retour inattendu d'un ancien amant, les conflits avec une famille
déconnectée de la réalité et déstabilisée par la mort annoncée du père… Honte à moi : je n’ai pas vu ce film jusqu’au bout. Cela m’arrive très rarement ; je peux quasiment compter mes arrêts de
projection sur les doigts d’une seule main. Dans ce cas, l’explication est simple : je me suis ennuyé. Non pas que le premier film quasi-autobiographique de Valeria Bruni Tedeschi soit
complètement inintéressant. Reconnaissons-lui à demi-mot une interprétation correcte et dans certaines scènes un humour qui fait timidement sourire. Mais, pour parler vite et bien, ce qui ne va
pas, ou plutôt ce qui manque, c’est de la vie ! La mise en scène est terne, sans relief – que quelqu’un apprenne à Valéria l’usage du champ/contre-champ bon sang ! – et le scénario sans envergure
se réduit aux introspections torturées et rasantes d’un petit groupe de trentenaires bourgeois, errant sans passion dans un triangle compris entre St-Germain-des-Prés, Odéon et le Luxembourg. Une
question encore et puis j’arrête : à quel public ce film entend-t-il donc s’adresser ? Sérieusement, qui va s’intéresser aux petits tracas quotidiens d’une riche héritière sans rire ou pire, sans
se sentir insulté ? Pour le magazine Télérama, avec Il est plus facile pour un chameau « Valéria entre dans la
vie » ! Ah. Mais de quelle vie parle-t-on ici ?
Vendredi 14 décembre 2007
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Arsène Lupin (Romain Duris) est un gentleman-cambrioleur, détroussant l'aristocratie grâce à son charme redoutable. Sa rencontre avec une ensorcelante aventurière, la Comtesse de Cagliostro (Kristin Scott-Thomas), va transformer le pickpocket débutant en voleur de haut vol… Il existe un mystère Jean-Paul Salomé. Car comment peut-on, avec un tel personnage, un tel casting et, plus prosaïquement, un tel budget louper à ce point son film ?! Arsène Lupin est au film d’aventures ce que le hamburger est à la gastronomie : simpliste, épais et sans saveur. Les acteurs sont mal exploités, les effets spéciaux sont moches, certains décors font carton-pâte et le découpage, survolté, fatigue rapidement. Le précédent et mauvais film de Jean-Paul Salomé, Belphégor, nous avait pourtant mis la puce à l’oreille (enfin, à l’œil !). Ce long-métrage confirme: Jean-Paul Salomé N’EST PAS un réalisateur de film d’aventures. Lui et ses producteurs ont confondu énergie et frénésie, rebondissements enlevés et grosses ficelles pataudes. A aucun moment ne se dégagent le mystère et le charme qu’on était en droit d’attendre d’un film sur le célèbre gentleman-cambrioleur. On imagine alors ce que le regretté Philippe De Broca aurait pu faire d’un tel script. Mais bon, lui aussi avait ses mauvais jours. Quel gâchis !
Mardi 16 octobre 2007
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Dans une île imaginaire, aux temps très lointains d'avant Homère, Minor, mi-homme mi-cochon, orphelin et muet, file des jours tranquilles dans la douce tiédeur de la porcherie en compagnie de sa bonne amie la Truie. Au cours d'une escapade en forêt mythologique, il fait la rencontre d'un des personnages les plus influents de son époque, le Dieu Pan - alias Satyre... Soyons francs: il y a très peu de choses à sauver du dernier opus de Jean-Jacques Annaud, si ce n'est la prestation lubrique et rigolote de Vincent Cassel en Dieu Pan sodomite et quelques seconds rôles truculents interprétés par des Claude Brasseur, Rufus et Jean-Luc Bideau en pleine forme... A part ça donc, Sa Majesté Minor, sorte de Sous-Doués en Mer Egée (avec plusieurs millions d'euros de budget tout de même) ne dépasse jamais le stade du pipi-caca régressif; c'est un film grossier, vulgaire, mal fichu et oubliable. Il restera un point d'interrogation dans les carrières de José Garcia, ridicule en roi-porc, et surtout de Jean-Jacques Annaud, producteur de ce délire, certes couillu, mais complètement à côté de la plaque. Un grand moment de solitude pour le réalisateur du Nom de la Rose.
Vendredi 28 septembre 2007
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Imaginez votre serviteur assis à une table dans un grand café parisien. J’attendais impatiemment l’arrivée de Michael Bay, le réalisateur de Transformers. C’était ma première interview et la star des réalisateurs des films d’action ricains était en retard… d’une heure ! Enfin il arriva ; je me levai et lui fit un signe de la main ; il m’aperçut, traversa la salle dare-dare – manquant de bousculer le serveur – et s’assit devant moi sans me regarder. Il posa son chapeau texan sur la table, se recoiffa et, au serveur qui s’était rapproché de nous, commanda un hamburger. Je préparai pendant ce temps mon enregistreur de poche. Puis il mit les pieds sur la table en avalant son chewing-gum bruyamment. Sans préambule, direct, cash, il me posa la question suivante : « pour vous, suis-je un auteur ? ». Surpris, je réfléchis un moment. J’hésitai à lui dire que c’était moi qui posai les questions aujourd’hui mais la réputation de tyran du bonhomme me fit vite faire machine arrière. D’une voix neutre, je lui répondis : - « si pratiquer une mise en scène reconnaissable entre mille – même si celle-ci est agitée de soubresauts injustifiés – prouve l’existence d’un point de vue, d’un regard singulier sur le monde, alors oui M. Bay, vous êtes un auteur. Sur ce point, je partage l’avis de M. Spielberg, votre producteur. A l’inverse, flatter le spectateur dans ce qu’il a de plus vil et de plus bête – à votre décharge, beaucoup de vos confrères à Hollywood l’ont fait, le font et le feront encore – lui pré-mâcher le travail avec des scripts insipides et l'abrutir à grands coups d'effets spéciaux et de dollars, ce ne sont pas vraiment les preuves d’une grande intégrité artistique. » Il m’a regardé la bouche grande ouverte et a enfourné son hamburger dedans. Pendant qu’il finissait de mastiquer sa viande, je conclus. « Pour être franc, votre montage me fait l’effet d’une visite à Sainte-Anne ! ». Il se leva alors d’un bond. Zut ! J’y étais peut-être allé un peu fort. Il laissa quelques dollars sur la table, mis son chapeau sur sa tête de vainqueur et me serra chaleureusement la main. « - Vous, les Français, vous savez parler du cinéma. Dommage que vous ne sachiez faire que ça ! » Il partit là-dessus, en s’esclaffant. Aux dernières nouvelles, il prépare Transformers 2. Et moi, je rêve toujours de cinéma d’auteur. Michael Bay n’était sans doute pas le meilleur interlocuteur.
Dimanche 29 juillet 2007
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Tonino Benacquista n’a pas de chance lui non plus. La Boîte Noire, une des nouvelles sympatoches de ce prolifique romancier, a en effet été adapté en 2004 par Richard Berry, pour son troisième long-métrage en tant que réalisateur. L'histoire d'un homme, plongé dans le coma suite à un accident de voiture, qui, lors de sa phase d'éveil, exprime des phrases incohérentes, retranscrites sur un carnet par une infirmière curieuse. D'après elle, ces phrases trouvent leurs significations au coeur même de son inconscient et de son passé... Le pitch est prometteur mais là encore, comme pour le Concile de Pierre, ça coince en cours de route. Richard Berry et son scénariste ont crû qu’en complexifiant l'intrigue de Benacquista et en abusant des effets de style, ils allaient produire une œuvre phare du cinéma fantastique français. Et bien... c'est raté. L'ensemble est très brouillon. Passées les premières vingt minutes, on attend qu’une seule chose: que cette boîte noire se referme. L'adaptation en BD par Jacques Ferrandez est bien plus réussie.
Dimanche 22 juillet 2007
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Jean-Christophe Grangé n’a pas de chance. Alors que ses romans sont devenus des best-sellers, de ceux qu’on aime dévorer allongé sur une plage en été, les adaptations ciné de ces mêmes romans peinent à rester dans nos mémoires de cinéphiles. Oublié le bâclé Rivières Pourpres de Mathieu Kassovitz ! Oublié le calamiteux Empire des Loups de Chris Nahon ! Et il y a fort à parier que ce Concile de Pierre du pourtant talentueux Guillaume Nicloux (Une Affaire Privée) subisse le même sort. Comment expliquer cette guigne ? Car sans être des chefs d’œuvre de la littérature française, les pavés de Grangé offrent de belles possibilités d’adaptation : les personnages sont séduisants et leurs aventures savent entretenir le suspense. Mais, bizarrement, une fois transposés sur grand écran, les récits alertes du romancier prennent du plomb dans l’aile, jouent l’épate avec de coûteux effets de caméra et s’enlisent dans de laborieuses démonstrations para-psychologiques, débités par des comédiens gesticulants et peu inspirés. Qu’on arrête de dire ici ou d’écrire là que Monica Belluci est une grande comédienne ! Suis-je le seul dans ce pays à penser qu’elle joue comme une patate !? Ainsi, dans ce film, elle croit pouvoir exprimer les souffrances de son personnage - en élève appliquée - avec des halètements grossiers et des yeux en permanence écarquillés et pour une fois sans fard. Quel amateurisme ! Le reste de la distribution est au diapason : Sami Bouajila est ailleurs, Elsa Zylberstein irritante au possible et Madame Catherine Deneuve cachetonne (pour payer son dernier lifting ?). Une fois n’est pas coutume, seul le gamin (Nicolas Thau) créé de temps en temps l’émotion dans un film sans âme qui transpire le montage financier. Même la beauté des paysages de Mongolie est passée à la trappe : quelques plans seulement en 1h30 de film… Non, Jean-Christophe Grangé n’a vraiment pas de chance. Nous non plus d’ailleurs.
Lundi 5 février 2007
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Bo Darville (Burt Reynolds le moustachu), dit le Bandit, doit rapporter du Texas (3000 km aller et retour en 28 heures) 400 cartons de bière - ce qui est considéré comme de la contrebande aux USA. En route Bandit prend dans sa voiture une « jeune mariée » (Sally Field). Ils sont rapidement pris en chasse par le shérif Buford T. Justice qui n'est autre que le futur beau-père de la dite jeune mariée. Le pitch le laissait présager: ce film est une série B de seconde zone à la gloire des routiers ricains, de la country et de la C.B. Produit par les studios Universal, ce navet (3ème du box-office US en 1977!) aligne sans vergogne les gags foireux et les lignes de dialogue à la crétinerie grasse. La photo est moche, les acteurs jouent comme des phoques et la mise en scène… euh... mais quelle mise en scène ???! Même au 257ème degré, la sauce ketchup ne prend pas. Le film de chevet d'une certaine Amérique... Seul élément notable : la présence de Paul Williams, le génial compositeur de « Phantom Of The Paradise », dans un petit rôle de texan teigneux.
Vendredi 2 février 2007
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Bien que réalisé par le très talentueux David Fincher (« Seven », « Fight Club »), ce film est une déception. L'intrigue démarre pourtant sur les chapeaux de roues: quel secret cache la vie si austère du financier Nicholas Van Orton (interprété par Michael Douglas) ? Quel est donc ce mystérieux « jeu » auquel l’invite son frère (Sean Penn)?… La mise en place surprend et séduit. On y retrouve les thèmes chers à Fincher: le cadre millimétré et étouffant de la société moderne en lutte avec la part d'instinct et de violence enfouie en chacun de nous... Mais patatras, au bout d’une demi-heure, la belle mécanique s’enraille et le mystère disparaît. Le film multiplie alors les fausses pistes approximatives et les rebondissements grand-guignolesques. La « magistrale leçon de manipulation » - dixit la jaquette - devient une magistrale leçon d’ennui. Et il faut toute la maestria de Fincher pour ne pas qu’on s’endorme avant la fin.